Qu'est-ce qu'on mangeait en 1920 ?

Un Siècle de Cuisine Française (1920-2020)

10/07/2024

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La cuisine française, pilier de notre culture et de notre patrimoine, a traversé un siècle de transformations profondes. De 1920 à 2020, nos assiettes ont été le reflet des évolutions sociales, économiques et technologiques. Cet article vous propose un voyage dans le temps, à la découverte de ce que mangeaient nos aïeux et comment, décennie après décennie, nos habitudes alimentaires ont été métamorphosées. De l'arrivée des supermarchés à la démocratisation de l'électroménager, en passant par les crises et les influences mondiales, plongeons au cœur d'un siècle de gastronomie française.

Qu'est-ce qu'on mangeait en 1920 ?
1920 : La cuisine de nos grands-mères La blanquette est alors un plat du terroir très en vogue, avec des produits que l'on retrouve dans presque tout le pays : de la viande, des carottes, des oignons, de la crème.4 sept. 2024
Table des matières

Les Années 1920: L'Héritage des Mères Cuisinières

En 1920, la cuisine française est encore profondément ancrée dans la tradition. Elle se transmet de génération en génération, héritée des « mères cuisinières », figures emblématiques de la gastronomie française. Cette décennie marque également un tournant avec l'apparition du Guide Michelin et de ses premières étoiles. Cette initiative contribue à professionnaliser le secteur de la restauration et à former une première génération de chefs de renom, tels qu'Auguste Escoffier, La Mère Brazier, ou encore André Pic, le grand-père d'Anne-Sophie Pic.

Les repas à la maison en 1920 étaient généralement composés de plats simples mais nourrissants, souvent centrés autour de la viande, des féculents et des légumes. Une « salade originale » accompagnait fréquemment le plat principal. Le poulet à la King était un plat en vogue, tout comme les salades à la gelée, très populaires à l'époque. Pour le dessert, un gâteau glacé, préparé avec des biscuits et refroidi dans une glacière ou le nouveau réfrigérateur, était une gourmandise appréciée. Le dîner, moment central de la journée, se prenait généralement entre 19h30 et 20h30, 20h étant l'heure la plus prisée pour recevoir. La ponctualité était de rigueur, avec une tolérance de retard de seulement 15 minutes, conformément à l'étiquette de l'époque.

Parmi les plats emblématiques de cette époque, on retrouve la blanquette. Plat du terroir par excellence, elle était préparée avec des ingrédients que l'on trouvait presque partout en France: de la viande (traditionnellement du veau, mais aussi de la volaille), des carottes, des oignons et de la crème. Aujourd'hui, des chefs revisitent ce classique, comme Josselin Marie qui propose une version éco-responsable de la blanquette de volaille sur Tchac, en remplaçant le veau par de la volaille pour réduire considérablement l'impact carbone.

Les Années 1930: La Modernisation Progressive

Dans les années 1930, la cuisine est de plus en plus perçue comme le domaine privilégié de la mère au foyer. La presse culinaire fait son apparition et commence à jouer un rôle important dans la modernisation des recettes traditionnelles. Les livres de cuisine se démocratisent, offrant aux femmes de nouvelles idées pour apporter une touche d'originalité à la cuisine du terroir. La cuisine maison prend une dimension sociale accrue, devenant un moyen d'expression et de créativité pour les femmes.

L'alimentation dans les années 1930 en France restait principalement basée sur une cuisine traditionnelle et régionale. Le pain était un aliment de base essentiel, notamment la baguette. La consommation de viande était modérée en raison de son coût, le bœuf, le porc et le mouton étant les plus courants, souvent préparés en plats mijotés et ragoûts. Les légumes frais de saison, comme les pommes de terre, carottes, choux, haricots verts et épinards, étaient consommés régulièrement. Les fruits frais, tels que pommes, poires, prunes, raisins et cerises, étaient également appréciés, bien que leur disponibilité fût saisonnière. Le lait, le fromage, le beurre et la crème faisaient partie intégrante de l'alimentation quotidienne, tandis que les yaourts étaient encore peu répandus. Le pain blanc était la principale source de glucides, les céréales pour le petit-déjeuner n'étant pas encore populaires. Dans les régions côtières, le poisson et les fruits de mer étaient consommés, notamment les sardines en conserve, la morue et le cabillaud. Les spécialités régionales conservaient une place prépondérante, chaque région ayant ses plats typiques. Enfin, le vin était la boisson courante, consommé régulièrement aux repas.

Qu'est-ce qu'on mangeait dans les années 30 ?
Les pommes, les poires, les prunes, les raisins et les cerises étaient parmi les choix courants. Le lait, le fromage, le beurre et la crème étaient présents dans l'alimentation quotidienne.

Les œufs mimosa illustrent parfaitement cette évolution culinaire. Bien que ce plat existe depuis le 19ème siècle, il revient en force dans les années 30, revisité avec de nouvelles garnitures à base de viande ou de légumes. La cheffe Orly Zeitoun propose une recette d'œuf mimosa moderne sur Tchac, avec une garniture de céleri, de radis et de fenouil, offrant un équilibre parfait des saveurs.

Les Années 1940: La Cuisine de Guerre et le Rationnement

La décennie 1940 est marquée par la Seconde Guerre Mondiale et ses conséquences directes sur l'alimentation. Le rationnement des matières premières devient la norme. La cuisine évolue sous la contrainte des préoccupations économiques et de la pénurie. Le mot d'ordre est de ne rien gaspiller. L'accès aux produits frais et à la viande est fortement limité, et les conserves connaissent un essor important dans les épiceries, devenant des éléments essentiels du garde-manger.

Dans ce contexte difficile, la créativité est de mise pour cuisiner avec les moyens du bord. Les recettes se veulent ingénieuses et économiques, privilégiant les légumes de saison et les produits de récupération. La cheffe Sonia Ezgulian, sur Tchac, partage une recette emblématique de cette époque: la tarte aux miettes de pain. Cette recette astucieuse permet de réutiliser les restes de pain et de biscuits, incarnant parfaitement l'esprit anti-gaspillage de cette période. Un dessert pratique, économique et, malgré les restrictions, gourmand !

Les Années 1950: L'Ère du Four et de la Cocotte

Les années 1950 marquent une nouvelle étape dans l'évolution de la cuisine française, portée par la démocratisation du four et des cuisinières à gaz. Ces équipements modernes se répandent dans les foyers, offrant une plus grande facilité et sécurité de cuisson, ainsi qu'une meilleure maîtrise des températures. Cette révolution technologique ouvre la voie à de nouvelles pratiques culinaires. Les recettes au four se multiplient, notamment les rôtis et les cocottes, plats conviviaux et réconfortants. Les tartes et les quiches deviennent également très à la mode, s'invitant régulièrement sur les tables françaises.

L'arrivée du four dans les foyers transforme la manière de cuisiner et d'envisager les repas. La cheffe Marine Gora propose sur Tchac une recette de tarte aux légumes de saison simple et rapide à réaliser. Une pâte à tarte maison, des légumes de saison et une préparation à base de ricotta suffisent pour composer un plat équilibré et savoureux, qui renouvelle les classiques quiches parfois jugées un peu désuètes.

Les Années 1960: Le Froid S'Invite dans Nos Cuisines

La décennie 1960 est marquée par une autre révolution: la démocratisation du réfrigérateur et l'apparition des produits surgelés. Le frigidaire, autrefois un luxe, devient un équipement courant dans les cuisines françaises. Cette innovation bouleverse les habitudes d'achat et de conservation des aliments. On peut désormais conserver les légumes et autres produits frais plus longtemps, ce qui permet de s'approvisionner en plus grande quantité et de mieux gérer les stocks. Les supermarchés, en plein développement, profitent de cette évolution et proposent une offre de plus en plus large et variée.

Les glaces, auparavant réservées aux occasions spéciales ou aux établissements spécialisés, deviennent enfin accessibles aux particuliers et reflètent cette nouvelle ère de la conservation par le froid. Henri Guittet, fondateur de Glazed, partage sur Tchac sa recette de mousse glacée, très facile à réaliser sans turbine ni sorbetière. Une gourmandise maison, intensément savoureuse, qui illustre parfaitement l'impact du froid sur nos plaisirs culinaires.

À quelle heure était le dîner dans les années 1920 ?
L'étiquette et les usages des dîners imposaient aux invités d'arriver entre 19h30 et 20h30 (20h étant l'heure la plus prisée pour le dîner). Les invités devaient être ponctuels et les règles de savoir-vivre de l'époque interdisaient tout retard de plus de 15 minutes.

Les Années 1970: L'Âge d'Or des Robots Ménagers

Les années 1970, apogée des Trente Glorieuses, sont synonymes de prospérité et d'innovation. Les fabricants d'électroménager rivalisent d'ingéniosité pour imaginer de nouveaux appareils destinés à faciliter la vie en cuisine. L'évolution de la cuisine est portée par le développement des robots ménagers: bras mixeur, batteur électrique, robot coupe, couteau scie... Tout est conçu pour simplifier les tâches culinaires, traditionnellement dévolues aux femmes. On peut désormais battre des œufs en neige en quelques minutes, mixer des ingrédients pour réaliser des veloutés onctueux, préparer des jus de fruits frais... La robotisation de la cuisine promet un gain de temps et d'énergie considérable.

La cheffe Audrey Renninger propose sur Tchac une recette ultra-simple et emblématique de cette époque: la mousse au chocolat. Réalisée avec seulement quatre ingrédients (chocolat, blancs d'œuf, sucre et fleur de sel), cette gourmandise illustre la simplicité et l'efficacité que permettent les nouveaux outils culinaires. Un batteur électrique facilite grandement la préparation, mais il est toujours possible de réaliser cette mousse en montant les blancs d'œuf à la main, avec un fouet et de l'huile de coude, pour les plus courageux !

Les Années 1980: L'Industrialisation et le Prêt-à-Manger

Les années 1980 marquent un tournant avec le développement massif des préparations industrielles toutes faites. Le micro-ondes se démocratise dans les cuisines, et les plats surgelés à réchauffer connaissent un succès fulgurant. L'agro-alimentaire élargit considérablement son offre de produits, et l'approche de la cuisine évolue vers plus de rapidité et de praticité. Le snacking, les sauces toutes faites et les préparations déshydratées se multiplient dans les rayons des supermarchés, répondant à un mode de vie de plus en plus rapide et individualisé.

Face à cette industrialisation de la cuisine, un retour aux sources et au fait-maison commence à se faire sentir. Chez Tchac, on prône l'approche du fait-maison sans prise de tête. Plutôt que d'acheter une mayonnaise industrielle, souvent chargée d'additifs et de conservateurs, il est possible de la réaliser soi-même en moins de deux minutes avec quelques ingrédients simples: huile, jaune d'œuf et moutarde. Et, comme le souligne Tchac, la mayonnaise maison est incomparable en termes de goût et de qualité !

Les Années 1990: L'Influence Américaine et le Fast-Food

Les années 1990 sont marquées par une forte influence américaine, qui se manifeste dans la culture, la mode, le cinéma, mais aussi dans la cuisine. Vingt ans après son implantation en France, les franchises McDonald's connaissent un succès phénoménal. Le fast-food s'impose dans les habitudes alimentaires, en particulier chez les jeunes. L'évolution de la cuisine se caractérise par des recettes riches, souvent axées sur la friture, et qui se dégustent avec les doigts. Les burgers, les frites et les nuggets deviennent des incontournables de l'alimentation de cette décennie.

Le chef Vivien Durand propose sur Tchac une recette de wings de poulet (ailes frites) pour savourer le plaisir des vrais nuggets maison. Une manière de se réapproprier les codes du fast-food en privilégiant la qualité des ingrédients et le savoir-faire artisanal. Cette recette permet de redécouvrir le goût authentique du poulet et de maîtriser la préparation de ce plat populaire.

Les Années 2000: La Mondialisation et les Saveurs Exotiques

Avec le début du nouveau millénaire, la mondialisation s'accentue et de nouvelles influences culinaires émergent, venant notamment du Japon. En 1998, la chaîne Sushi Shop ouvre sa première franchise en France, marquant le début d'un engouement pour la cuisine japonaise. Les restaurants de sushis se multiplient dans les villes, popularisant des plats comme les makis, les sashimis et les tempuras. Même si ces versions sont souvent adaptées aux palais occidentaux, la cuisine japonaise introduit de nouveaux produits et saveurs jusque-là peu connus en France: le miso, les algues, le gingembre, la sauce soja... Ces ingrédients exotiques font progressivement leur apparition dans nos recettes et nos habitudes alimentaires.

Quelle était la nourriture typique en 1920 ?
Dîner – Les repas à la maison étaient généralement composés de viande, de féculents, de légumes et d'une salade originale . Le poulet à la King était populaire. On trouvait des salades à la gelée, comme celle-ci au soda au gingembre des années 1920, dans tous les livres de cuisine. En dessert, un gâteau glacé à base de biscuits placés dans la glacière ou dans un réfrigérateur récemment inventé.

Tchac nous invite à explorer l'authentique savoir-faire de la cuisine japonaise, au-delà des clichés et des sushis occidentalisés. Le chef Seiichi Ito partage des recettes traditionnelles, héritées de la culture et du savoir-faire japonais. L'aubergine au miso, par exemple, est une recette simple et rapide à réaliser, qui permet de découvrir les saveurs umami caractéristiques de la cuisine japonaise.

Les Années 2010: Le Retour du Mieux Manger et de la Santé

Dans les années 2010, la cuisine prend un nouveau tournant, avec une prise de conscience croissante de l'importance de la santé et du bien-être. Après des décennies d'excès et de consommation rapide, une volonté de mieux manger se manifeste. On privilégie les légumes, les fruits et les produits frais. Les campagnes gouvernementales « Manger 5 fruits et légumes par jour » se multiplient. On s'intéresse aux régimes alternatifs: cuisine végétarienne, végane, sans gluten, sans lactose... Des pratiques culinaires ancestrales, comme la fermentation, reviennent au goût du jour. On redécouvre des nouvelles façons de cuisiner, plus saines et plus respectueuses de l'environnement.

Le chef Sugio Yamaguchi, sur Tchac, propose une cuisine centrée sur les légumes, mettant en valeur leur diversité et leur potentiel gustatif. Il explore différentes techniques de cuisson pour révéler toutes les saveurs des légumes, comme dans sa recette de poireaux cuits à l'étuvée, qui offre un résultat fondant et plein de saveurs.

Les Années 2020: La Traçabilité, l'Écologie et le Local

Les années 2020 sont marquées par une forte prise de conscience environnementale, qui impacte directement nos choix alimentaires. La question de la traçabilité et de l'origine des aliments devient primordiale. On remet en question les produits importés de l'autre bout du monde, les cultures intensives et les élevages industriels. Pour des raisons de santé, d'écologie et de goût, on privilégie les produits de saison, les circuits courts et les producteurs locaux. Cette dernière évolution de la cuisine française favorise la redécouverte des traditions régionales et des recettes ancestrales. Des plats comme l'aligot, la tartiflette, le bœuf bourguignon ou le pot-au-feu regagnent une place de choix dans la gastronomie française.

La lacto-fermentation, technique de conservation ancestrale, connaît un regain d'intérêt. Le chef Paul Guény, sur Tchac, partage son savoir-faire sur ce procédé, permettant de savourer des produits de saison tout au long de l'année, même les asperges ! Cette approche met en lumière un retour aux techniques traditionnelles et un désir de consommer de manière plus responsable et durable.

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